En dépit de trois séjours à Venise, installée dans différents quartiers, San Marco, Dorsoduro, Castello, Canareggio, je n'ai vu et vécu la ville que de ponts en ponts, de canaux en canaux.

Marchant comme envoûtée dans un labyrinthe dont je ne voulais pas sortir. Fascinée par les eaux toujours renouvelées et la mouvance obsessionnelle des reflets qui répétaient les mots de Jean-Paul Sartre dans ce livre si peu connu, "La reine Albemarle, ou le dernier touriste" : "Sans arrêt on voit une matière subtile, hésitante, recommencée, toujours recommencée, mais aussi toujours inachevée, les reflets plombés : je veux, je ne veux pas, je veux, je veux, je ne veux pas, je veux, danser. Je ne veux pas danser. Je veux danser, danser, danser, voilà une pensée d'eau, embarrassée de son contraire, s'en écartant, le rejoignant, oscillation perpétuelle."

Monique Pietri
Cité de l'eau