Sans doute aurait-il fallu voyager autrement, aller plus loin et plus longtemps, s'attarder, attendre.

Par-delà la Cordillère des Andes, je volais de Lima à Cuzco où sur les marches de La Compaña titubaient deux indiens ivres. Je visitais la ville et les sites alentour et admirais les pierres dressées, questionneuses et vides.

Par le petit train qui sifflait joyeusement dans la vallée de l'Urubamba, je montais aux ruines poignantes du Machu Picchu. Splendeur et solitude.
Je visitais quelques marchés réputés, admirais les costumes et les chapeaux d'une foule non hostile, mais silencieuse et aux regards aussi vides que les ruInes.

Je trouvais un peu de chaleur dans la forêt tropicale au bord du Madre de Dios aux aubes ensorcelées.

Par un train aux arrêts plaisants dans de petites gares perdues, je traversais l'Altiplano, moments d'infini dans des couleurs somptueuses. Et arrivais au lac Titicaca si bleu et si vide lui aussi.

Finalement La Paz malgré le dernier coup d'état, le couvre-feu, l'interdiction de sortir de la ville et d'aller au-delà, fut une pause agréable avec ses marchés de fruits, de légumes, de plantes médicinales, de tissus. Les marchandes étaient jolies et souriantes, et toujours prêtes à danser sur des musiques parfois endiablées.

Monique Pietri